Le Solar Décathlon 2019 prend forme avec un 1er prototype
La Chronique du BTP, presse

Le Solar Décathlon 2019 prend forme avec un 1er prototype

Six mois après le lancement des travaux, l’équipe d’Habiter2030 vient de dévoiler son prototype pour le concours Solar Décathlon Europe 2019. Une première version qui ne demande maintenant qu’à être peaufinée pour n’atteindre qu’une ambition : la victoire.

Par Julie Dumez

Pour l’heure, il trône dans la cour des Compagnons du devoir à Villeneuve d’Ascq. Dès la rentrée, le prototype en bois reprenant les contours d’une maison de la période industrielle typique de la région sera installé à Fives Cail à Lille. Là, il sera habillé, détricoté, expérimenté avec un objectif : être au point pour juillet 2019 pour remporter la compétition du Solar Decathlon Europe qui se déroulera en Hongrie. Derrière ce travail, l’Association Habiter2030, fondée par l’école d’architecture et de paysage de Lille (Ensapl) en collaboration avec les Compagnons du devoir de Villeneuve d’Ascq et 12 autres écoles de la région. « Les choses commencent à s’incarner », se réjouit François Andrieux, directeur de l’Ensapl, pour qui ce projet représente un enjeu dans la formation de ses étudiants : « il est important que les architectes et les artisans travaillent ensemble ». l4interdisciplinarité, c’est bien le maître mot de ce concours qui regroupera plus de 200 jeunes d’horizon différents.

Le défi de la réhabilitation

Première dans l’histoire de cette compétition universitaire, il est désormais possible de présenter une réhabilitation. C’est donc sur cet enjeu majeur en région, avec potentiellement plus d’un million de logements à rénover au Nord de la France voire en Angleterre, que l’équipe Habiter2030 a choisi de plancher. De quoi évidemment en retirer un retour d’expérience transposable sur le terrain nordiste. Les étudiants se projettent ainsi sur la fameuse « 1930 » mais à horizon 2030 et ce, sur dix épreuves évidemment. Architecture, ingénierie et construction, efficience énergétique, communication et sensibilisation sociale, intégration du voisinage et impact, innovation et viabilité, accessibilité et durabilité, conditions de confort, fonctionnalité de la maison et enfin bilan énergétique seront scrutés pour l’attribution des points. L’on comprend aisément l’obligation d’interdisciplinarité ! 

Pour mieux se projeter, il a d’abord fallu comprendre les problématiques actuelles. Dès lors, le groupe « Communication et sensibilisation » est allé à la rencontre des habitants de ces anciens quartiers industriels, aujourd’hui souvent enclavés. « Pour faciliter le dialogue, nous avons créé un jeu pour comprendre les besoins des habitants et voir comment ils voulaient vivre, explique Aurore Morel, jeune architecte diplômée. La question des moyens pour réhabiliter son logement est par exemple récurrente, nous devons donc la prendre en compte dans notre proposition et expliquer ces choix. 

« La bonne technique au bon endroit »

Pour palier la première difficulté de transporter jusqu’en Hongrie une maison normalement construite en briques, l’équipe a fait le choix d’une structure en bois. Elle travaille encore pour trouver la bonne parade esthétique. De même, elle devra être en mesure de simuler les performances thermiques et hydriques.
« Ce que je sais sur une des solutions, c’est qu’elle ne sera pas unique », dévoile Jocelyn Gac, directeur du pôle Energies-Environnement des Compagnons du devoir. La modularité et la mutualisation seront donc de mise puisque nous considérons notre habitat comme vivant, avec scénarios pour les différentes étrapes de la vie. Dès lors, « chaque objet doit servir à deux fonctions » tandis que la production énergétique sera pensée au niveau du rang, voire de l’îlot pour mutualiser au mieux cette fonction. Côté façades, celle donnant sur la rue ne devrait pas être modifiée. En revanche, une serre bioclimatique pourrait se greffer sur la façade arrière. Autre parti pris, celui de réhabiliter le bâtiment avec le plus faible impact carbone, à l’instar de ce que prône Alain Bornarel, auteur de la conférence inaugurale du projet et défenseur de la « frugalité heureuse ».

« L’idée est d’utiliser la bonne technologie au bon endroit »,

renchérit Jocelyn Gac, qui ne s’interdit évidemment pas d’introduire le meilleur du numérique.

Un défi qu’il devra mener de front avec la recherche de partenaires pour accompagner l’équipe d’Habiter jusqu’en Hongrie. « Bien sûr que nous allons à Budapest pour gagner. Mais on ne sait pas gagner seul, nous avons encore besoin de matériaux, d’argent, de matériels ».

Avis aux amateurs. 

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